Les élections présidentielles arrivent et les Colombiens sont appelés aux urnes le dimanche 31 mai 2026 pour élire leur prochain président. Ce scrutin est particulièrement suivi, car il intervient dans un contexte politique tendu. Il est marqué par les débats sur la sécurité, l’économie, la paix et l’avenir du pays après le mandat de Gustavo Petro.
Sommaire :
- Comment fonctionne l’élection présidentielle en Colombie ?
- Une campagne dominée par trois candidats
- Les grands enjeux du scrutin
- La Colombie dans le contexte politique latino-américain
Comment fonctionne l’élection présidentielle en Colombie ?
L’élection présidentielle colombienne se déroule au suffrage universel. Les électeurs votent pour une formule composée d’un président et d’un vice-président.
Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50 % des voix. Si aucun candidat n’atteint cette majorité absolue, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête. Cette année, il est prévu le 21 juin 2026.
Le système colombien accorde aussi une place particulière au vote blanc. Contrairement à un vote nul, il s’agit d’un choix reconnu, qui permet aux électeurs d’exprimer leur refus des candidats proposés. Il est comptabilisé séparément et ne s’ajoute au score d’aucun candidat.
Au premier tour, si le vote blanc obtient la majorité des votes valides, l’élection doit être répétée une seule fois avec de nouveaux candidats. En revanche, au second tour, le vote blanc n’a pas cet effet, le candidat arrivé en tête est élu. Au second tour, un candidat peut donc être élu en ayant moins de 50 % des suffrages exprimés.
Une campagne dominée par trois candidats
Même si plusieurs candidats participent au scrutin, la campagne s’est progressivement structurée autour de trois figures principales : Iván Cepeda, Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia. Ces trois profils incarnent des orientations politiques très différentes et trois réponses possibles aux grands défis du pays : la sécurité, la paix, l’économie et le rôle de l’État.
Iván Cepeda
Sénateur et candidat de gauche, il représente la continuité du Pacto Histórico, la coalition associée au président sortant Gustavo Petro. Sa candidature s’inscrit dans une ligne progressiste, attentive aux questions sociales, à la réduction des inégalités et à la présence de l’État dans les territoires les plus fragiles.
Sur la sécurité, son approche repose sur l’idée que la violence ne peut pas être traitée uniquement par la force publique. Elle doit aussi être combattue par l’éducation, les services publics, le développement local et les opportunités économiques. Pour ses soutiens, cette vision permettrait de poursuivre le cycle ouvert par Gustavo Petro en 2022. Pour ses adversaires, elle risque au contraire de manquer de fermeté face aux groupes armés et au narcotrafic.
Abelardo de la Espriella
Il s’est imposé comme l’un des principaux candidats de droite. Avocat et personnalité médiatique, il se présente comme un candidat de rupture, extérieur aux grands partis traditionnels. Son discours insiste fortement sur l’autorité de l’État, la lutte contre les groupes armés, le narcotrafic et le rétablissement de l’ordre.
Il critique vivement la politique de “paix totale” du gouvernement sortant, qu’il juge insuffisante face à l’insécurité. Son positionnement est souvent rapproché de certaines figures de droite populiste ou sécuritaire en Amérique latine et ailleurs. Il mobilise notamment des références à la “main dure” de Nayib Bukele au Salvador et à la rupture économique incarnée par Javier Milei en Argentine. Son style politique, très offensif et antisystème, est aussi parfois comparé à celui de Donald Trump.
Paloma Valencia
Sénatrice du Centro Democrático, représente une droite plus institutionnelle. Associée à l’héritage politique de l’ancien président Álvaro Uribe, elle défend une ligne conservatrice centrée sur la sécurité, la stabilité économique et le renforcement des institutions.
Elle se distingue d’Abelardo de la Espriella par un ancrage plus classique dans les structures politiques colombiennes. Elle critique elle aussi la politique de “paix totale” et promet une ligne plus ferme face aux groupes armés. Mais son profil est davantage celui d’une candidate issue de la droite traditionnelle, avec une expérience parlementaire et une base électorale déjà structurée.
Les sondages placent Iván Cepeda comme le favori du premier tour. Pour la deuxième place, Abelardo de la Espriella semble avoir pris l’avantage sur Paloma Valencia dans la compétition à droite. Le second tour, s’il a lieu, dépendra largement des reports de voix, de la participation et de la capacité des candidats à convaincre les électeurs encore indécis.
Les grands enjeux du scrutin
La sécurité est l’un des sujets les plus importants de cette élection. Certaines régions de Colombie restent confrontées à la présence de groupes armés, au narcotrafic, aux extorsions et à des tensions locales. Ces réalités nourrissent le débat entre les partisans d’une politique de négociation et ceux qui réclament une réponse plus ferme.
La paix est également au cœur de la campagne. Depuis plusieurs années, la Colombie cherche à consolider les acquis des accords passés, tout en faisant face à de nouveaux groupes armés et à la fragmentation de certains acteurs illégaux. Le prochain gouvernement devra donc définir une stratégie claire face à ces défis.
L’économie occupe aussi une place centrale. Les candidats débattent du rôle de l’État, de la fiscalité, de l’investissement, de l’emploi et du développement des régions. Pour un pays attractif sur le plan touristique, la stabilité politique et économique reste un facteur important.
Enfin, cette élection pose une question plus large : la Colombie va-t-elle confirmer le virage à gauche amorcé en 2022 ou suivre le mouvement de retour à droite observé dans une partie de l’Amérique latine ?
Voyager en Colombie pendant les élections
La Colombie dans le contexte politique latino-américain
L’élection de Gustavo Petro en 2022 avait marqué une rupture historique. La Colombie, longtemps considérée comme un pays politiquement plus conservateur que plusieurs de ses voisins, portait alors pour la première fois une figure clairement issue de la gauche à la présidence.
Quatre ans plus tard, le scrutin de 2026 permet de mesurer si cette bascule peut s’inscrire dans la durée. Une victoire d’Iván Cepeda serait interprétée comme une continuité du cycle ouvert par Gustavo Petro. Elle montrerait qu’une partie importante de l’électorat souhaite prolonger l’expérience de gauche, malgré les critiques sur la sécurité, l’économie et la mise en œuvre des réformes.
À l’inverse, une victoire d’Abelardo de la Espriella ou de Paloma Valencia marquerait un changement de cap. Elle rapprocherait la Colombie d’une tendance plus large en Amérique latine. En effet, plusieurs pays connaissent une progression de la droite, parfois portée par des discours plus populistes, sécuritaires ou antisystème.
Ce contexte régional ne signifie pas que tous les pays suivent la même trajectoire. Il montre plutôt une instabilité politique croissante. Dans plusieurs démocraties latino-américaines, les électeurs sanctionnent plus rapidement les gouvernements sortants et demandent des réponses fortes face à l’insécurité, au coût de la vie et à la défiance envers les institutions.
Pour la Colombie, l’enjeu dépasse donc la simple alternance. Il s’agit aussi de savoir quelle place le pays souhaite occuper dans les équilibres politiques du continent.
Conclusion
Les élections présidentielles de 2026 en Colombie constituent un moment important pour comprendre l’évolution du pays. Elles mettent en lumière ses débats internes, ses défis sécuritaires, ses ambitions économiques et sa place dans les dynamiques politiques de l’Amérique latine.
Pour les voyageurs, l’essentiel est de rester informés et d’adapter son organisation pendant les week-ends électoraux. Avec une préparation adaptée, la Colombie demeure une destination riche, vivante et profondément marquante.



